Imperium5 – Rencontre avec Patrick Massaad, créateur du jeu

by McDarsh on 11 mai 2021

Un univers de science fiction en huis-clos

Imperium5 est un jeu de rôle de science-fiction très original. Pour placer le contexte général, l’humanité évolue dans un huis clos planétaire, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une vraie œuvre de science-fiction, mais qui place son départ sur une seule planète. Un Crash Quantique, une onde gravitationnelle de quantas, a traversé la galaxie et a effacé toute la mémoire des êtres humains ; cela fait déjà quelques décennies. L’humanité vit dans un monde dont son environnement la dépasse, dont sa technologie est bien au-delà de ce qu’ils peuvent comprendre et appréhender et qui doit donc tout réapprendre.

Ces technologies sont devenues, avec le temps, de simples éléments de décor dans le paysage, la population ne cherchant pas spécialement à dompter celle-ci devant la difficulté, et sûrement le danger, de l’apprentissage.

Mais de nombreux groupuscules tentent évidemment d’élucider les mystères du passé, surtout pour prendre l’ascendant sur d’autres, mais est ce que la redécouverte de ces technologies ne risque-t-elle pas de déclencher une nouvelle apocalypse ?

C’est dans cet univers en déclin que nous évoluons. L’univers est donc déjà pas mal original en soi.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est la façon dont celui-ci évolue : d’une table de jeu à l’autre, celle-ci évoluera dans un sens ou dans l’autre. Le créateur du jeu a fermement la volonté de proposer un univers, des situations, un lore général, mais il prendra des chemins souvent diamétralement opposés, car toute la table de jeu fera évoluer l’univers.

Une approche très originale du jeu de rôle

On entre la dans une approche très spéciale du jeu de rôle. Traditionnellement, le MJ a la main mise sur son univers, sur son monde. C’est « Dieu le Père », le « Tout puissant » qui a droit de vie ou de mort sur sa table ! Dans Imperium5, pas du tout. Avant de démarrer, le Meneur de jeu (et non pas Maître de jeu, notez bien la différence) proposera à ses joueurs de découvrir le monde via 4 axes de narrations à exploiter :

  • L’Entente ADM : L’ADM, aussi appelée Mû, centre l’intérêt sur les milieux occultes, la chasse aux organisations excommuniées ou le contre-espionnage.
  • L’entente Imperium : Cet axe emmène les PJ à la découverte des Imperiums (d’où le 5 dans le titre). Espionnage, exploration, etc.
  • L’Entente Nobilis : Emmènera les joueurs dans les ramifications du pouvoir, tenu par une caste noble qui est en marge de la société
  • L’entente Mercenaire : Surtout axé sur la découverte du monde dans son ensemble.

Avant de commencer, donc, ceux-ci prennent le temps d’élaborer une orientation au groupe, car les PJ ne sont évidemment pas des personnes comme les autres. Dans un contexte où l’humanité a perdu sa mémoire, les PJ à la recherche de nouveaux savoirs seront clairement en marge et auront une influence importante sur le monde qui les entoure.

Il faut savoir que les PJ ont connu le cataclysme, même si l’action se place plusieurs décennies après le crash quantique. L’humanité est devenue immortelle et un processus de reconstruction vous ramènera à la vie, si nécessaire.

Bref, les joueurs deviennent des acteurs principaux de cet univers, actuellement reclus à une planète.

Une mécanique en symbiose avec le concept

Je disais donc qu’ici, c’est une concertation générale de la table pour savoir vers quoi s’orienter. Cette discussion est mise en avant par une mécanique de jeu qui pousse dans ce sens.

Le jeu se déroule avec des D8 (une double pyramide, cet aspect pyramidal est important dans le lore du jeu). Certaines compétences offrent au joueur un pool de D8 auquel on rajoute des dés d’entropie et de réalité, selon la situation. Chaque 2- est un succès, mais selon la catégorie de dés qui l’a obtenu, on raconte le déroulement d’une façon ou d’une autre :

Si ce sont les dés du joueur qui ont des 2-, le joueur peut interpréter lui-même le résultat. Si ce sont les dés de réalité, c’est le meneur qui interprète, le temps de parole étant proportionnel entre les deux par rapport au nombre de réussites. Et les dés d’entropie sont le côté aléatoire, un 1 donnant un bonus, un 8 un malus, au résultat. Cette proportion peut-être mise en place à la création de la table selon les desiderata des joueurs et du meneur. Ça peut-être 50/50, 60/40 envers le meneur ou une table traditionnelle totalement maîtrisée par le meneur, à vous de voir. Mais ce qu’il en résultera sera évidemment très disparate d’une table à l’autre non seulement via le résultat des dés, mais aussi… de l’imagination combinée des joueurs et du meneur.

Par extension, on peut voir Imperium5 comme un jeu avec des scénarii procéduraux, comme dans un jeu vidéo qui régénère des situations aléatoirement d’une partie à l’autre.

De ce fait, vu que la liberté est laissée à la table de narrer conjointement l’histoire avec le Meneur, il faudra prévoir en fin de partie une demi-heure de « débriefing » pour savoir vers quoi ils partiront lors de la prochaine session. Si le Meneur n’a pas plein pouvoir, il doit tout de même savoir énormément improviser et savoir de quoi il parle, connaître l’environnement de la prochaine partie et donc cela passe évidemment par là. Dans les livres, dans le lore, il y a beaucoup de fiches personnages non joueurs de prévus, des personnages de références que les joueurs rencontreront, mais jamais dans les mêmes situations.

Le jeu sera découpé en livrets qui permettront justement d’avoir une vue d’ensemble sur les aspects de l’univers.

Le jeu se veut aussi cross-média et le créateur emprunte une idée à un MMO connu : Secret World, avec la conception de faux site web (mais qui auront l’air réels), référencé réellement sur la toile, qui donneront des éléments de connaissance aux joueurs selon leur avancée dans leurs explorations (par exemple s’ils trouvent une carte d’accès, ils pourront entrer dans des bases de données, etc.).

Et le jeu sort quand ? 

L’idée du jeu est née en 2017 et Patrick Massaad s’est lancé dans cette aventure sur ses fonds propres. Un financement participatif est prévu plus ou moins en février 2022, mais le jeu a déjà été éprouvé dans certains salons pré-pandémie (Octogone puis Cannes, en février 2020) et a eu beaucoup de succès. Comme vous pouvez le voir, le côté professionnel de la mise en page et ce qui a déjà été montré en démo ont impressionné pas mal de monde ; si la pandémie n’avait pas frappé notre petit univers, le jeu aurait peut-être déjà évolué plus avant.

Actuellement, le jeu est presque terminé et deux kits de démonstration arriveront bientôt en boutique:

  • Un premier kit avec un livre de 148 pages de présentation, un scénario de 48 pages, des feuilles de NPC, un écran en 3 volets (vierge) pour y insérer ses feuilles, des plans, une carte du monde et un set de dés, à 44,90€
  • Un second kit ne proposant que le livre de 148 pages et le scénario de 48 pages à 29.90€

Puis viendront quelques mois de rodage et de retour avant le financement participatif en 2022 pour l’édition du livre de base.

Selon le succès de ce financement, des paliers offriront des illustrations supplémentaires des illustrateurs attitrés, Fanny Liabeuf et Martin Le Gal et détermineront aussi l’aspect final de l’impression du livre.

Comme le créateur s’est entouré pour la création du jeu de gens très compétents dans leurs domaines respectifs, que ce soit niveau illustration, mais aussi charte graphique, impression, etc., il a été difficile de « vendre » le jeu, vu son état d’aboutissement, à des éditeurs connus, ceux-ci ayant évidemment leurs propres illustrateurs, graphistes, etc. Il a donc créé sa petite maison d’édition, Obhéa Édition pour cette aventure et il est aidé par Sycko dans le cadre de l’homme-orchestre, un label destiné aux créateurs de jeu de rôle indépendant et qui leur offre conseils, logistique, et dédouane le créateur du côté administratif, le laissant se concentrer sur l’aspect créatif (on en reparlera sûrement, de ce label). https://www.sycko.fr/l-homme-orchestre

Le jeu est aussi prévu pour être apporté sur les tables virtuelles. Roll20, Foundry et Let’s Role (dans cet ordre).

Le programme est donc le suivant :

  • Sortie des kits environ fin juin (en boutique et sur le net).
  • Ensuite, transférer à d’autres MJ la responsabilité d’organiser autour d’un projet des sessions de bêta test, de créer du contenu qui, le cas échéant pourra intégrer le lore, si efficace et donc d’être en quelque sorte co-créateur.
  • Des modules de questions plus sur la mécanique pour finaliser les règles
  • Lancement du financement participatif pour le jeu de rôle en février 2022.

Actuellement, il est possible de tester le jeu via opale rôliste avec des parties de one shot le jeudi avec le créateur du jeu, car même si le jeu ne favorise clairement pas les scénarii courts, on peut se donner ainsi une idée du déroulement d’une partie avec narration de groupe que vise les mécaniques du jeu et son auteur et voici quelques liens pour en apprendre plus :

https://www.facebook.com/Obheaeditions/

https://www.instagram.com/obheaeditions/

https://www.obhea-editions.fr/obhea/nos-actualites?start=0

La page FaceBook de Fanny Liabeuf : the art of Naïki : https://www.facebook.com/o.naiky/

Le portfolio de Martin Le Gal, illustrateur : https://www.artstation.com/martinlegal

Les graphistes derrière la charte graphique du jeu :

Les éditions Sycko : https://www.sycko.fr/

Spread the love
Comments
Leave a reply

You must log in to post a comment

Fonts by Google Fonts. Icons by Fontello. Full Credits here »